DA 06 EST

22 juillet 2011

Crise de l'euro: un plan qui sauve la Grèce mais pas l'Europe


| Par Martine Orange sur MEDIAPART

 

 

Après plus d'un an de tergiversations, les dirigeants européens ont fini par admettre ce qu'ils refusaient jusque-là : la Grèce est insolvable. Et ni les plans d'austérité, ni les privatisations massives, ni la déflation généralisée ne pouvaient la sortir de cet état. Par peur de voir le pays exploser et la contagion gagner l'Italie et l'Espagne, ce qui était inacceptable il y a encore quinze jours, a finalement été admis : la restructuration de la dette grecque était inévitable.

Revenant sur leurs préceptes antérieurs, les dirigeants européens ont accepté de donner du temps à la Grèce pour redresser son économie. Plus question de restaurer les comptes en trois ans à peine. Un nouveau plan d'aide de 109 milliards d'euros, financé par l'Europe et le FMI, est prévu dans des conditions radicalement différentes. La durée des nouveaux comme des anciens prêts sera allongée pour être portée de sept ans et demi à quinze ans. Le taux sera réduit entre 3,5% et 4% – correspondant à la mutualisation des taux des autres pays européens prêteurs – contre près de 6% actuellement. Le Portugal et l'Irlande, qui eux aussi sont sous assistance financière européenne, bénéficieront des mêmes conditions.

En contrepartie de ce nouvel effort européen, Angela Merkel avait posé comme exigence que les créanciers privés soient mis à contribution. Après avoir bataillé des semaines contre la Banque centrale européenne et la France, l'Allemagne a fini par faire valoir son point de vue. Au moins en apparence. Car le lobby bancaire a défendu ses intérêts jusque dans la salle du sommet européen. Pour la première fois, Baudoin Prot, PDG de BNP Paribas, Joseph Ackerman, président de la Deutsche Bank, et le représentant de l'Institut de la finance internationale, représentant environ 400 créanciers privés, ont participé aux discussions des dirigeants européens. Ils ont manifestement pesé sur les décisions.   

Alors que l'Allemagne souhaitait une restructuration claire et ordonnée de la dette grecque, sans laisser de choix aux créanciers privés sur la méthode, les banquiers eux défendaient qu'il fallait maintenir une multiplicité de solutions. Plus les possibilités seraient nombreuses, plus les créanciers seraient nombreux à accepter de participer à cette restructuration, ont-ils plaidé. Ils ont fini par l'emporter lors des discussions.

Les créanciers auront donc le choix de leur « contribution volontaire » : soit en refinançant la Grèce avec des titres de maturité plus longue, soit en se contentant de maintenir leur engagement en reprenant des titres de même maturité, soit en vendant des obligations grecques avec une décote. L'institut de la finance internationale a déjà retenu l'option qui lui semblait préférable, et on en devine aisément les raisons: elle privilégie pour les créanciers bancaires un échange des titres qui viennent à échéance jusqu'à 2020 contre le rachat de nouvelles obligations à trente ans, garanties par les titres européens les mieux notés. Ce qui revient à un transfert du risque du secteur privé vers le public. Car c'est l'Europe qui se porte garante en dernier ressort. Il n'est pas sûr que la Grèce et l'Europe gagnent à ce change.

La Grèce est un cas unique

Cet effort bancaire est entouré d'un certain flou. Jeudi soir, aucun des responsables européens ne donnait les mêmes chiffres sur le montant de la contribution des créanciers privés. Lors de sa conférence de presse, Nicolas Sarkozy a évoqué des prêts de 135 milliards sur trente ans. Silvio Berlusconi parlait lui de 130 milliards sur quinze ans. L'Institut de la finance internationale indiquait de son côté que les banques créancières de la Grèce apporteraient 135 milliards entre 2011 et 2020. Sur ces 135 milliards, 54 seraient versés d'ici à 2014, selon elle. 37 milliards d'euros viendraient d'une «contribution volontaire» des banques créancières, tandis que 12 milliards d'euros consisteraient en un rachat de dette sur le marché.

« La Grèce est un cas unique », insiste le communiqué final des dirigeants européens. Ce rappel est une sorte d'engagement pris auprès des créanciers privés et des marchés: ils ne seront plus mis à contribution. Une façon de les rassurer et de tenter de maîtriser ce qui peut advenir. Car à ce stade du processus, tout le monde avance dans le brouillard. La restructuration à venir de la dette grecque risque d'être considérée comme un « défaut partiel » par les agences de notation. Cela pourrait déclencher des mouvements incontrôlés, notamment sur les marchés de CDS, credit default swap, censés assurer ce type de risque mais devenus purs objets de spéculations financières.   

Il y a encore quinze jours une telle éventualité était considérée comme impensable. Un pays de la zone euro ne pouvait pas faire défaut, sous peine d'entacher la crédibilité de l'ensemble de la zone et de la monnaie européenne. Les responsables de la BCE parlaient même d'un risque systémique, d'un «second Lehman Brothers». Aujourd'hui, le président de l'eurogroupe, Jean-Claude Juncker, concède, sans émotion apparente, que la Grèce pourrait faire momentanément défaut, sans que cela pose problème. La peur de l'explosion est manifestement passée par là.

La Banque centrale européenne a jusqu'au bout tenté d'éviter ce scénario, annonçant par avance qu'elle refuserait les titres grecs classés en défaut en garantie. Pour éviter l'asphyxie du système bancaire grec qui dépend totalement de la BCE aujourd'hui, l'Europe propose d'apporter les garanties nécessaires, le temps du défaut. Le pari étant que si la dette est réduite rapidement d'une façon substantielle, les agences devraient juger le pays solvable et lui redonner une note plus élevée.

C'est le fonds de stabilité financière qui se retrouve au cœur de ce mécanisme de financement, d'aides et de garantie. Il aura la responsabilité non seulement d'assurer le plan d'aide pour la Grèce, mais aussi d'aider à la stabilisation du système financier européen. Les dirigeants européens, ayant en tête manifestement le cas de l'Espagne, ont prévu ainsi que le fonds puisse prêter aux gouvernements afin de les aider à recapitaliser leurs banques. De même, en cas d'urgence, il pourrait directement prêter aux banques en difficulté. Enfin, il sera autorisé à acheter directement sur les marchés de la dette publique des pays, en cas de difficulté. 

Les responsables de la commission européenne, José Manuel Barroso en tête, réclamaient depuis longtemps la création d'un tel organisme de mutualisation, base indispensable, selon eux, d'une politique économique et financière européenne. Certains y voient même les prémisses d'une agence de la dette européenne, qui pourrait à terme émettre des euro-obligations, censées être pour beaucoup la réponse à la crise de la zone euro.

Gigantesque transfert vers le public

L'avenir pourrait être moins réjouissant. En autorisant, en effet, le fonds à se porter acquéreur de dettes publiques sur le marché, les dirigeants européens risquent d'avoir mis en place un gigantesque transfert des risques et des dettes du privé vers le public, aux frais des contribuables. La chancelière allemande a bien vu le danger et a tenté de le limiter: elle a imposé que tout rachat soit soumis à une analyse de la BCE et soit autorisé à l'unanimité des pays de la zone euro.

Mais les spéculateurs connaissent désormais le fonctionnement de l'Europe. Ils savent que la panique peut changer bien des choses, arracher bien des consentements. Savoir qu'il existe en face un fonds alimenté sans limite par les contribuables européens est une tentation irrésistible pour les banquiers et les financiers. Ils vont d'abord tester les résistances, puis tenter de transférer les risques les uns après les autres sur le secteur public européen. Censé être un outil de solidarité et de mutualisation européennes, le fonds pourrait se voir transformer en gigantesque bad bank, une structure de défaisance recueillant tous les actifs publics risqués ou dévalués du système bancaire européen.

Le risque est d'autant plus fort qu'en dépit des apparences, peu d'efforts et aucune contrainte n'ont été imposés au système bancaire européen dans ce nouveau plan. A aucun moment, il n'a été évoqué de nouvelles réglementations, un encadrement de leur activité, même en cas de recapitalisation par des prêts européens. Une nouvelle fois, l'Europe utilise l'argent public pour mettre en place un déchargement des risques pris par le privé, sans contrepartie.

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C'est là que vous , Ségolène Royal, vous êtes différente (Askolovich)

C'est là que vous , Ségolène Royal, vous êtes différente (Askolovich) Askolovitch: S.Royal "Vous parlez de sujets... par eric3362


Askolovitch: S.Royal "Vous parlez de sujets... par eric3362

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PS et courants... 1994, Ségolène Royal

Ségolène Royal invitée en 1994 de l'Heure de Vérité livre sa vision du Parti Socialiste, démocratie interne, courants, organisation future.
14 ans plus tard, le constat n'a pas fondamentalement changé, les disfonctionnements de 94 sont toujours d'actualité et la nécessité de "pacifier le Parti Socialiste" aussi.
Vidéo à voir et écouter, puis à diffuser et faire connaître autour de nous.

 

Ségolène Royal - L'Heure de Vérité 26/06/94 -... par Desirs-dAvenir-Vaulx

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Ségolène Royal sur RTL le 19.7.11


S. Royal sur RTL dénonce faiblesse et connivence... par segolene-royal

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Ségolène Royal , valeurs républicaines , et Gaullistes


Ségolène Royal et le Général de Gaulle : entretien avec Jean-Marcel Jeanneney

 

Jean-Marcel Jeanneney – trois fois ministre du général de Gaulle – avait affirmé son soutien à Ségolène Royal dans les colonnes du Nouvel Observateur lors de la campagne présidentielle de 2007 (lettre de soutien du 17 avril 2007 à lire en cliquant ICI ). Il est décédé à l’âge de 99 ans, le 17 septembre 2010.

Jean-Marcel Jeanneney avait accepté de répondre à une interview sur Ségolène Royal et le Général de Gaulle dont voici un extrait :


JM Jeanneney 1/6 par PartiSocialiste

 

Intégralité de l’entretien :


Entretien avec Jean-Marcel Jeanneney par PartiSocialiste

 

#1 de Philippe DEHAY le 19 juillet 2011 - 19 h 12 min

Bonjour,

Je rappelle qu’un groupe de gaullistes de gauche a appelé à voter Ségolène Royal en 2007.
Ci-après le texte :

« Dans le jardin à la Française, aucun arbre n’en cache un autre de son ombre » (C. de Gaulle)

APPEL des GAULLISTES de PROGRES en FAVEUR de Ségolène ROYAL

Amies et Amis de la République,

Dimanche 6 mai, nous engagerons la France et son histoire pour les années à venir.
Bien qu’ils se soient exprimés pour des candidats différents le 22 avril, soit pour François Bayrou, soit pour Ségolène Royal, les rédacteurs de cette lettre appartiennent à la mouvance des gaullistes de progrès et appellent, à ce titre, à voter pour Madame Ségolène Royal.
Plus qu’à toute autre élection, il s’agit d’un véritable choix de société entre un réformisme dans la tradition républicaine et une rupture totale, tournant le dos à notre République et à ses valeurs démocratiques et sociales.
Soyons clair !
De nombreuses raisons font que nous ne pouvons que rejeter la candidature de Nicolas Sarkozy :
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un candidat qui a comme modèle Georges Bush et soutient l’hégémonie mondiale des Etats-Unis notamment leur guerre en Irak dont nous voyons le lamentable résultat aujourd’hui.
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un candidat qui ne conçoit l’action qu’à travers une agressivité permanente, le conflit et la lutte contre tous ceux qui lui déplaisent.
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un ancien ministre de l’Intérieur qui a constamment privilégié à des fins purement électoralistes le tout-répressif et le tout-carcéral, actions qui conduisent à une impasse totale. Sa première décision ne fut-elle pas de supprimer la police de proximité mise en place par Jean-Pierre Chevènement. Or une véritable politique de sécurité efficace passe par une politique de prévention ce qui n’empêche nullement la sanction et la fermeté.
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un candidat qui s’est révélé incapable de résoudre la crise des banlieues autrement que par le recours à la seule répression policière et à la stigmatisation de populations défavorisées.
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un candidat qui a instrumentalisé et exploité à son profit, la peur des Français.
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un candidat dont le modèle économique est le triomphe du tout-marché faisant de ce dernier le seul étalon de nos relations sociales laissant sur le bord de la route une multitude de nos compatriotes. Quoiqu’il s’en défende la politique de Nicolas Sarkozy ne peut mener qu’à la régression sociale. Un exemple parmi d’autres : sa politique fiscale consiste à alléger les impôts pour les plus riches laissant reposer la charge sur les plus modestes notamment par l’augmentation des impôts indirects payés par tous… ce qui ne signifie pas qu’une refonte totale de notre fiscalité ne soit nécessaire.
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un candidat qui s’affiche ouvertement avec des personnalités de l’Eglise de Scientologie (une des sectes les plus dangereuses dénoncée par la Commission Parlementaire).
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un candidat qui croit au déterminisme des gènes et à des thèses eugéniques que l’on croyait dans les poubelles de l’Histoire, ces propos ayant suscité la réprobation unanime de la communauté scientifique.

Même si nous n’accordons pas de blanc-seing à Madame ROYAL, ne partageant pas l’ensemble de ses idées… nous portons à son crédit :
- Une conception de l’action s’inscrivant dans la concertation et oeuvrant en faveur du rassemblement, principes nettement gaulliens.
- Une volonté affirmée de consulter le peuple sur tout éventuel traité européen à l’opposé de Nicolas Sarkozy qui se refuse à tout nouveau référendum sur ce sujet
- Une volonté de maintenir notre modèle social, l’un des meilleurs du monde, tout en le réformant et en luttant contre les abus susceptibles de le décrédibiliser mais en conservant ses principes de solidarité.
– Une volonté de défendre les valeurs de la République qui reposent sur la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité et la volonté de vivre ensemble sans distinction d’origine, de race ou de religion. Rappelons que notre République repose sur le principe de Citoyenneté qui stipule qu’à l’égal de nos Droits, nous avons des Devoirs. Ségolène Royal a eu le mérite , y compris contre son camp, de rappeler qu’une société républicaine repose sur des valeurs d’ordre que la gauche a trop longtemps négligées.

Il s’agit en tout état de cause de remettre l’Homme et non plus le profit au centre du projet républicain.
La France a besoin de réformes profondes tant socialistes que libérales mais ce n’est pas en précarisant les situations sociales que l’on réussira à assurer la cohésion de la société. Nous devons rester fidèles à la tradition humaniste de la France des Lumières, de la Révolution de 1789 et du Général de Gaulle.

Notre Identité Nationale, c’est LA REPUBLIQUE

C’est pour ces raisons que nous voterons Ségolène ROYAL

 

 (Lien: INDYMEDIA le 29 avril 2007)  




#2 de Aurum le 19 juillet 2011 - 19 h 24 min

Bonjour, cet homme, paix à son âme maintenant, m’a reellement touché et j’ai vu dans ses idées toute la moderation et toute la sagesse d’un homme experimenté humainement et politiquement, il a su voir dès le début la fausse sincerité du candidat Sarkozy et son sentimentalisme feint, sa voracité du pouvoir pour lui meme et non comme simple moyen de rendre la vie des gens meilleure, il a vu aussi dès le début la morale politique et la veritable et imperturbable volonté de progrès social de Ségolène Royal, un discours politique scellé de mots si forts, participatif, démocratie populaire, fraternité, entraide, solidarité, justice… , et au sujet de ce dernier principe, qui est en fait le premier de tous, Socrate ne disait il pas que la Justice est la mère de toute les vertus et comme leur synthese totale !

combien de fois Mr Sarkozy prononce t il le mot  » justice  » ou  » juste « ? pas souvent !

Cela est une revelation politique à elle seule ! Ne dit on pas que nous sommes les paroles que nous prononçons ?
Que notre verbe ne fait que refleter notre Etre profond ?

je fais confiance à votre esprit de rassemblement, vous , vous ne serez pas seulement la presidente de ceux qui vous auront élue, mais la presidente de tous les français qui auront besoin de vous !

#3 de D. Joseph-Jeanneney le 19 juillet 2011 - 19 h 58 min

Esprit libre, gaulliste social, Monsieur Jean-Marcel Jeanneney fut un grand serviteur de l’Etat (« totalement dévoué à la chose publique » comme l’écrivit le Général de Gaulle dans ses mémoires), un authentique républicain et un père, un grand-père et arrière grand-père aimant.

Laïc, européen, clairvoyant, humainement bienveillant, intellectuellement exigeant, il publie encore à 98 ans une belle monographie sur l’histoire de sa commune de Rioz (Haute-Saône) où il repose désormais au côté de sa femme Marie-Laure Jeanneney née Monod et de son père Jules Jeanneney.

Enfin, permettez-moi d’apporter un petit rectificatif : Monsieur Jean-Marcel Jeanneney n’est pas décédé le 17 septembre 2010 comme nous pouvons souvent le lire mais le 16 septembre 2010.

 

 

Posté par Jocegaly RBochew à 17:38 - ETHIQUE en politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0]




La 1ére Fédérale PS74 reste fidèle à Ségolène Royal


Sur LE POST

 Publié par Allobroge74 

 

 

 
Fidèle…

Je considère pour ma part comme gravissimes la généralisation et la banalisation de l’abstention et du vote nihiliste en forme de « tous pourris ». Alors que la démocratie consiste à travailler avec le peuple pour le peuple, celui-ci se sent évincé des décisions publiques. Il se replie sur lui-même et rejette en bloc la politique, qu’il déprécie, et les hommes politiques, dans lesquels il ne se reconnaît pas. Cette dépolitisation voire ce rejet de la démocratie sont, me semble-t-il, le fléau actuel de notre société.

Le président bling-bling de la France, après avoir érigé en art de gouverner la démagogie du sensationnel et de la division, expérimente la gouvernance basée sur le reniement de la parole donnée. Où est-elle, la France qui devait gagner ? A part celle de ses copains et qu’il a favorisée, on la cherche ! Qu’est-elle devenue, la « France d’en bas », celle qui « se lève tôt » et qui subit la pénibilité du travail? Elle souffre plus que jamais de ne pouvoir vivre de son travail : ou bien elle n’en a pas, ou il ne lui permet pas de boucler ses fins de mois, ou elle est contrainte de rester en activité malgré sa souffrance.

Dès lors, on peut se demander si la parole politique a un sens. Et on s’étonne alors de voir les français, les classes populaires surtout, s’éloigner de la citoyenneté ou se laisser tenter par ceux qui lui en offrent une approche par trop réductrice !

Nous ne pouvons nous résigner à voir rangé-e dans le camp des ringards celui ou celle qui ne promet pas ce qu’il sait ne pas pouvoir réaliser, celui ou celle qui a des convictions et les met en application, celui ou celle qui est fidèle à ses valeurs. La fidélité a-t-elle sa place en politique ?

Si nous sommes socialistes, si nous sommes de gauche, si nous sommes engagés et le restons, c’est parce que nous avons la certitude que la fidélité aux convictions et aux valeurs appartient à la morale publique, à la démocratie, à la res-publica devenue République.

Si nous sommes socialistes, si nous sommes de gauche, si nous sommes engagés et le restons, ce n’est pas pour suivre celui ou celle dont les convictions et donc les propositions seraient susceptibles de s’éloigner de l’idéal républicain de justice et d’égalité. La fidélité est notre lot, elle est aussi notre choix. Fidélité aux valeurs de partage et de solidarité, à la parole donnée, aux promesses émises, aux engagements pris. Là est la seule voie pour reconquérir l’adhésion du peuple à nos propositions mais d’abord, surtout, à l’exercice démocratique.

La fidélité, Ségolène Royal l’incarne. Elle est la fidélité, la fidélité qui peut rendre aux citoyens la confiance en la politique : ce qu’elle dit, elle le fait. Elle refuse le cumul des mandats ? elle renonce donc à se présenter aux législatives, même au prix cher payé de se couper des milieux parisiens bien informés où se battent les cartes. Les propositions économiques du PS ? elle les met en pratique dans la Région qu’elle dirige en établissant des règles de bonne conduite sociale et écologique pour les entreprises contractantes avec la Région. Elle fait l’objet d’attaques, y compris depuis son propre camp ? elle sera unitaire pour plusieurs ! l’avez-vous jamais, je dis bien jamais, entendue dénigrer sur une onde ou sur une autre un-e de ses camarades ?

Seule la morale en politique peut ramener à la démocratie ceux qui s’en détournent.  De mon point de vue, Ségolène Royal porte la morale politique qui manque si cruellement. Elle seule peut l’incarner et ramener à la politique les classes populaires qui s’en détournent faute de pouvoir lui faire confiance. Elle sait ce que les classes populaires endurent. Les classes populaires perçoivent son pragmatisme. Or nous avons besoin du vote des classes populaires pour l’emporter.

Ségolène Royal doit nous représenter. Elle doit être notre porte-parole. Parce que sa fidélité aux valeurs qui sont les nôtres est le gage de sa crédibilité.

Moi, Claire Donzel, Conseillère régionale, 1ère Secrétaire fédérale du PS de Haute-Savoie, pour cette raison, je lui suis fidèle.

Claire Donzel


Conseillère régionale Rhône-Alpes

1ère Secrétaire fédérale PS 74

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PS: Royal appelle "tous ceux qui veulent battre Sarkozy" à voter pour elle

LE POINT  - Publié le 18/07/2011 à 15:5

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PS: Royal appelle "tous ceux qui veulent battre Sarkozy" à voter pour elle

La candidate à la primaire PS Ségolène Royal a appelé lundi "tous ceux qui veulent battre Nicolas Sarkozy" à voter pour elle, lors d'une conférence de presse organisée au siège du parti.

La candidate à la primaire PS Ségolène Royal a appelé lundi "tous ceux qui veulent battre Nicolas Sarkozy" à voter pour elle, lors d'une conférence de presse organisée au siège du parti.

"Tous ceux qui veulent battre Nicolas Sarkozy peuvent venir voter pour moi aux primaires", a dit Mme Royal, s'expliquant devant des journalistes sur son appel lancé dimanche à un rassemblement de l'extrême gauche à la droite gaulliste.

"C'est pas nouveau dans ma bouche, a t-elle justifié. La France est dans une situation tellement difficile que ce qu'il y aura à reconstruire est de même ampleur que ce qui a été fait par le Conseil national de la Résistance", au sortir de la seconde guerre mondiale.

Mais "bien sûr la priorité c'est le rassemblement des socialistes, de nos partenaires écologistes, des altermondialistes, de l'extrême gauche (...), des centristes humanistes".

Elle a toutefois réitéré sa "main tendue aux gaullistes" qui face à "l'effort national considérable qu'il faudra fournir en 2012" jugent qu'il est "préférable de s'associer à une majorité de gauche qui va vouloir représenter les principes de la République (...) plutôt que de rester associé à une droite qui a fait le contraire de ce qu'elle avait promis".

C'est, d'après elle, "une cohérence, une continuité dans ce que j'ai déjà dit" le 26 juin dernier, ainsi que lors de la campagne de 2007, où elle faisait "déjà appel aux valeurs républicaines".

"Le changement doit avoir lieu à gauche, et en même temps aujourd'hui il y a une telle dégradation des fondamentaux de la République qu'il y a une partie de la droite qui ne se reconnaît plus dans le sarkozysme", a t-elle dit.

"Je ne me trompe pas d'alliance", a-t-elle encore soutenu.

Posté par Jocegaly RBochew à 17:34 - PRIMAIRES - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

La main tendue de Ségolène Royal, "jusqu’aux gaullistes", fait beaucoup causer


France Info - 15:09

A Ségolène Royal, qui prône un rassemblement de l’extrême-gauche aux gaullistes, le député villepiniste Jean-Pierre Grand répond "Pourquoi pas ?". Il est pour l’instant le seul... A l’UMP, le ministre Xavier Bertrand, lui, parle d’un aspirateur à glaner des voix.
Et dans le camp PS, on se montre prudent. "Il faut qu’elle s’arrête là parce qu’on peut aller plus loin encore", ironise le strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis.

On ne l’avait pas encore vraiment entendue dans la campagne socialiste : Ségolène Royal a fait hier un retour très remarqué. Pour exister ? En tout cas, sa proposition de rassembler de l’extrême-gauche jusqu’aux gaullistes ne laisse pas vraiment indifférent. Et pas forcément en bien.

Seul le courant villepiniste, qui revendique un héritage gaulliste, s’est montré plutôt séduit. Pourquoi pas ? dit en substance le député de l’Hérault Jean-Pierre Grand.

  La main tendue de Ségolène Royal "jusqu’aux gaullistes" ? Pourquoi pas ? estime le député villepiniste Jean-Pierre Grand.  (0'51")
   
La droite, la vraie, celle qui s’est rangée d’un bloc derrière Sarkozy - qui n’est pas encore formellement candidat à sa réélection - préfère ironiser sur cette main tendue. Xavier Bertrand, ministre de la Santé, estime que Ségolène Royal met “son aspirateur en marche pour glaner des voix.”

 

  On aura tout entendu, s’emporte Xavier Bertrand.  (0'47")
   
Et Xavier Bertrand d’affirmer que cette primaire socialiste “n’est pas un renouvellement de la vie politique. C’est la course à l’idée la plus sotte qui soit, la course à la démagogie, à la surenchère.

A gauche, pas question d’un tacle en public ; on préfère l’ironie mordante. Il faut qu’elle s’arrête là parce qu’on peut aller plus loin encore, dit ainsi Jean-Christophe Cambadélis, un proche de Dominique Strauss-Kahn.
Plus sérieusement, il explique cette sortie de Ségolène Royal par la campagne présidentielle où “il faut tout à la fois rassembler son camp et le dépasser”.

Un autre strauss-kahnien, Jean-Marie Le Guen, donne, lui, raison à Ségolène Royal. “Le rassemblement le plus large au-delà de la gauche sera un des enjeux politiques de la présidentielle”.

Reste que ce n’est pas d’actualité. Pour le porte-parole du PS, Benoît Hamon, la priorité, et je crois que là-dessus nous sommes tous d’accord, de Ségolène Royal à Manuel Valls, en passant par tous les autres, Arnaud (Montebourg), Martine (Aubry) et François (Hollande) et Jean-Michel (Baylet), c’est le rassemblement de la gauche pour commencer.

Quant au patron du PS par intérim, Harlem Désir, il trouve aussi que Ségolène Royal est allée un peu vite en besogne. Elle s’est déjà projetée dans le second tour de la présidentielle ; “avant cela il faut rassembler les socialistes et l’électorat de gauche”...

  Ségolène Royal a bel et bien lancé sa campagne pour la primaire socialiste. Jérôme Jadot.  (2'05")
   
Guillaume Gaven

France Info - en savoir plus

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Ségolène Royal, Gaullistes de progrès: valeurs républicaines

Ségolène Royal, vue par JM JEANNENEY, un compagnon de De Gaulle , en avril 2007

LETTRE OUVERTE de J.M.Jeanneney à Ségolène Royal

 

Dans cet article, Jacques Julliard s'efface  pour publier cette "lettre ouverte à Ségolène Royal" adressée par Jean-Marcel Jeanneney, le dernier ministre survivant avec Pierre Messmer, du général De Gaulle. Une information suit, sur Jean Noël Jeanneney, le fils de JM Jeanneney.

Dans http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/chroniques/20070412.OBS1677/

 

La lettre:

"MADAME, je ne vous ai entendue et vue qu’à la télévision. Mais vos propos, votre manière d’être, ont fait que, depuis plusieurs mois déjà, j’étais enclin à voter pour vous le 22 avril. Ayant lu attentivement votre livre, "Maintenant", je ne doute plus de le faire.

Je suis un très vieux monsieur. Ministre du Général de Gaulle à trois reprises, je fus un des rares qui eurent l’honneur d’être reçu par lui à Colombey, après qu’il eut, en parfait démocrate, démissionné de la présidence de la République parce que désavoué lors du référendum qu’il avait décidé.

Je suis fidèle à sa mémoire. La France, au cours de sa longue histoire, n’a guère eu de chef d’Etat de cette envergure, parfaitement indépendant de toutes les puissances financières et de tous les dogmes politiques, ne se laissant intimider par quiconque, discernant ce qu’allait être l’évolution du monde et percevant ce qu’étaient les intérêts à long terme de son pays. Mais je n’ai jamais cru à la possibilité d’un gaullisme sans de Gaulle et je me suis vite désolidarisé de ses prétendus héritiers.

Cela dit – et sans vouloir vous écraser sous une telle référence en vous assimilant à cette très haute figure – j’ai le goût de vous dire que je constate d’assez nombreuses analogies entre ses idées et les vôtres, telles qu’elles apparaissent au long de vos trois centaines de pages. D’abord le volontarisme politique, puis l’attachement à la nation, à son passé et à son avenir, comme fondement nécessaire aux solidarités entre les individus vivant sur son sol ; la prise en compte des aspirations populaires mais sans soumission systématique à l’opinion ; l’idée, que de Gaulle énonça dès mars 1968 dans un discours à Lyon, que les activités régionales sont les ressorts de la puissance économique de demain ; encore, le fait que la France, dans un mode menaçant, ne doit pas renoncer à une puissance militaire forte.

Entre vous et lui, il est encore un trait commun : quand on lui exposait un problème de façon abstraite, il vous interrompait : "Alors ! Pratiquement, que proposez-vous ?" Or toujours vous proposez ou esquissez une solution concrète.

J’ajoute que vous rejoignez le général de Gaulle sur trois points, de grande importance. Le premier est la sobriété que vous voulez dans le comportement quotidien de la présidence de la République et du gouvernement. Le deuxième est le recours à l’article 11 de la Constitution, que vous devrez inévitablement utiliser pour modifier celle-ci, en particulier concernant le Sénat. Le troisième est que, comme lui, vous vous appuyez sur un parti, ce qui est indispensable, mais que, comme lui, vous êtes d’un tempérament assez fort pour pouvoir, quand besoin est, vous en affranchir.

Madame la candidate, je vous souhaite de tout cœur bonne chance et vous assure de la grande considération que j’ai pour votre culture gouvernementale, pour votre intelligence, votre sensibilité et votre caractère."

Ajout de J. Julliard

Coïncidence. Au moment où Jean-Marcel Jeanneney nous adressait cette lettre, dont il n’est pas nécessaire de souligner l’importance et l’originalité, Jean-Noël Jeanneney, son fils, quittait la présidence de la Bibliothèque Nationale de France. "Atteint par la limite d’âge", comme on dit. Mais derrière ce crétinisme administratif, il y a le sectarisme partisan : avant de quitter le pouvoir, Jacques Chirac sature la haute administration de ses créatures, dont évidemment l’ancien ministre de François Mitterrand n’était pas. Jean-Noël Jeanneney aurait très bien pu bénéficier des dispositions qui ont permis aux présidents de l’Opéra de Paris ou du Musée Guimet d’achever leur mandat au-delà de cette limite... Ségolène Royal a promis de mettre fin à ces mœurs claniques. En attendant, saluons celui qui est devenu en cinq années seulement un grand président de la BNF. Il lui a redonné la sérénité, l’initiative, la fierté de sa mission. Grâce à lui, la BNF a quitté la rubrique des faits divers et des conflits sociaux pour celle de la recherche et de la culture. Un grand serviteur de l’Etat !

J.J. (le jeudi 12 avril 2007)

 

Mon commentaire: cette lettre venant d'un personnage qui a traversé tant d'époques politiques me semble présenter  une rigueur et une honnêteté intellectuelle assez stupéfiantes. Etonnante de lucidité aussi...

Posté par Jocegaly RBochew à 17:22 - ETHIQUE en politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

S.Royal 'invitée du 20h de fr2 - 17/07 2011


BALISAGE

0.00 Le festival d'Avignon
1.00  pourquoi cette candidature
3.47  la morale de l'action
4.43  ce dont la France a besoin aujourd'hui  ("... Je veux être la présidente des solutions équitables, capable de redonner un espoir et un destin"...)
4.56  la polémique Fillon-Joly (... " le creuset de la République c'est de rassembler les Français sans leur demander d'où ils viennent mais où ils veulent aller ensemble"...)
7.14 Avec qui allez vous faire alliance: ( ..."Nous rassemblerons les écologistes, l'extrême gauche, les centristes humanistes, mais aussi la droite gaulliste dans le respect des valeurs républicaines "...)

 

 

SCRIPT FRANCE 2 JOURNAL DE 20H – Le 17/07/2011



Laurent DELAHOUSSE

L’invitée politique de ce dimanche n’était pas à Avignon ; c’est pourtant l’une des candidates aux primaires socialistes, candidate à la présidentielle en 2007, présidente de la région Poitou-Charentes. Bonsoir Ségolène ROYAL. Merci d’être avec nous.

Ségolène ROYAL

Bonsoir.

Laurent DELAHOUSSE

Vous n’aimez pas le théâtre politique d’Avignon, vous n’y étiez pas…

Ségolène ROYAL

Non je n’étais pas dans ce théâtre pour la bonne raison que je préside une région où il y a trois cents festivals et j’étais au festival des Nuits romanes et puis au festival bien connu les Francofolies de la chanson française. C’est plus paisible et c’est plus calme.

Laurent DELAHOUSSE


La campagne pourtant s’annonce parfois compliquée et difficile. Vous allez prendre des vacances tout de même ?

Ségolène ROYAL

Bien sûr, d’ailleurs voyez, là j’étais quelques jours en famille tout en profitant des événements culturels de la région. Bien sûr je vais un peu me reposer mais vu la gravité et l’enjeu de l’échéance qui est devant nous, forcément c’est un repos au travail et dans la réflexion pour être à la hauteur de la tâche que j’espère les Français vont peut-être me confier.

Laurent DELAHOUSSE

Alors justement une question clef importante : pourquoi souhaitez-vous une nouvelle fois vous présenter finalement à cette candidature ? Pourquoi ?

Ségolène ROYAL

D’abord parce que je crois que j’ai beaucoup souffert de ne pas avoir donné aux 17 millions de Français qui ont voté pour moi et puis tous ceux aujourd’hui qui sont déçus par la politique de Nicolas SARKOZY, qui ont cru dans les promesses fallacieuses qui leur ont été faites… Et dès le soir de cette défaite de 2007, certains Français ont été surpris de me voir sourire mais je voulais leur dire par ce sourire que je serai là, que je reviendrai et si je puis être utile à mon pays après un engagement de 25 ans dans la vie politique, je me dois cette fidélité et cet engagement.

Laurent DELAHOUSSE

Vous vous devez… vous dites « je me dois », c’est une ambition personnelle, une volonté personnelle, un chemin finalement personnel ou collectif ? Aujourd’hui on le voit, deux candidats se détachent ; vous êtes finalement en retrait pour le moment. Pourquoi y aller finalement ?

Ségolène ROYAL

Parce que c’est le sens d’un engagement, c’est une conviction très profonde que je suis la mieux à même de battre Nicolas SARKOZY. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons, d’abord parce que j’ai cette expérience de la campagne présidentielle, ensuite (même si c’est toujours un petit peu difficile de parler de soi) on reconnaît que je suis capable de faire cette alliance dont les Français ont besoin entre des valeurs traditionnelles – je veux que la  France retrouve ces valeurs fondamentales, les valeurs de la famille, les valeurs de l’Education nationale, les valeurs de la santé avec l’hôpital public, les valeurs de la sécurité et puis les valeurs républicaines qui sont aujourd’hui gravement mises à mal – et en un mot, je veux être la présidente des solutions équitables capables de redonner une espérance et un destin à notre pays.

Laurent DELAHOUSSE

Vous dites qu’il sera plus difficile de remporter finalement la primaire que la présidentielle. Ça veut dire quoi ? Vous avez confiance dans ces primaires ? Parce quand vous en parlez, on a toujours l’impression qu’il y a une petite suspicion, c’est quoi ? C’est la jurisprudence congrès de Reims ?

Ségolène ROYAL

Non mais vous savez, le seul résultat qui compte, c’est celui qui va sortir des urnes et là des millions de Français sont appelés à venir voter ; je leur  dis : saisissez-vous de ce bulletin de vote qui vous est donné…

Laurent DELAHOUSSE


Vous lancez un appel aux sympathisants, aux militants  de gauche…

Ségolène ROYAL


Aux sympathisants… J’ai montré ma capacité de rassembler puisque j’ai rassemblé dans la région que je préside de l’extrême gauche jusqu’aux centristes en passant par les écologistes et bien évidemment les socialistes, les radicaux ; donc il est très important aujourd’hui si l’on veut réussir le changement à gauche, d’être capables de faire ce rassemblement  et ce rassemblement, j’ai démontré que j’avais la capacité et la conception politique de le réaliser.

Laurent DELAHOUSSE


Deux questions concrètes : vous êtes toujours socialiste, Ségolène ROYAL ?

Ségolène ROYAL


Oui.

Laurent DELAHOUSSE


Vous êtes plus socialiste que François HOLLANDE ou Martine AUBRY ? Vous incarnez le même socialisme qu’eux ?

Ségolène ROYAL

Nous sommes tous socialistes mais moi je suis animée par une morale de l’action, c'est-à-dire par le goût de l’efficacité…

Laurent DELAHOUSSE


Et eux non ?

Ségolène ROYAL


Je ne me compare pas à eux parce que nous avons la responsabilité de nous respecter puisque nous devons nous rassembler dès que les primaires auront rendu leur verdict et nous devrons nous rassembler… moi ce que je veux, c’est faire en sorte que la France trouve une nouvelle perspective. On nous dit qu’il faut lutter contre les déficits, mais qu’est-ce qu’il faut faire pour lutter contre les déficits ? C’est d’abord  déployer la formidable créativité que nous avons en particulier dans nos petites et moyennes entreprises, c’est de réaliser cette nouvelle frontière que représentent la croissance verte, le développement durable et la voiture électrique, c’est de faire en sorte que l’on puisse en luttant contre les inégalités, faire en sorte donc que la politique devienne efficace et moi je crois qu’aujourd’hui, ce dont la France souffre le plus, c’est de l’aggravation des inégalités et c’est ce que les Français me disent, en dix ans de pouvoir de la droite, on leur a tout pris.

Laurent DELAHOUSSE


On va revenir là-dessus, Ségolène ROYAL, on va écouter un sonore de François FILLON, c’est la polémique du week-end. Eva JOLY souhaitait réformer le défilé militaire du 14 juillet. On a très vite remarqué que l’opposition a réagi. On va écouter François FILLON et votre réaction juste après.

Intervention de François FILLON


(…)

Laurent DELAHOUSSE


Alors Ségolène ROYAL, une réaction ?

Ségolène ROYAL


Les Français ne doivent pas se déchirer sur leur 14 juillet, sur leur drapeau, sur leur identité, sur leur histoire ; il y a de la place pour tout le monde. Je crois que le défilé militaire a sa place dans le 14 juillet, je ne dis pas seulement cela parce que mon père était officier de l’armée française et que j’ai appris à respecter ceux qui se donnent à la République et en même temps, je conçois très bien que des citoyens n’aient pas envie de regarder le défilé militaire. Il y a en même temps le jour du 14 juillet aussi des rassemblements populaires et moi ce que je voudrais dire à François FILLON, c’est que l’histoire de France et le creuset de la République, c’est de rassembler des Français différents sans leur demander d’où ils viennent mais en leur demandant où ils veulent aller ensemble. Et c’est cela que je veux faire dans cette élection présidentielle : dire aux Français où nous allons aller ensemble parce qu’ils auront la conviction que les efforts seront équitablement partagés et que nous allons ensemble leur donner une nouvelle espérance. Et je dis aux Français :  ne vous repliez pas sur vous-mêmes, la politique a encore un sens, même si on leur a beaucoup menti, la politique a un sens et nous ne devons pas ni avoir peur ni nous replier sur l’individualisme mais oser  l’espérance.

Laurent DELAHOUSSE

Pour qu’on comprenne bien : si vous étiez effectivement élu au terme des primaires, vous feriez alliance avec qui ? Plutôt avec Jean-Luc MELENCHON, plutôt avec Eva JOLY, plutôt avec pourquoi pas Jean-Louis BORLOO ?

Ségolène ROYAL

D’abord je rassemblerais les socialistes et je suis heureuse de savoir d’ailleurs que François, Martine et les autres ont dit qu’ils se rassembleraient derrière moi si je suis désignée aux primaires…

Laurent DELAHOUSSE

Parce que ça n’avait pas été le cas la dernière fois…

Ségolène ROYAL


Ça n’avait pas été le cas… Aujourd’hui, tout le monde l’a dit et ce sera une force supplémentaire puisque malgré l’absence du soutien du parti, j’ai eu comme vous l’avez dit tout à l’heure 17 millions de voix, il nous en a manqué peu pour éviter à la France ce qu’elle subit aujourd’hui. Et nous rassemblerons ensuite bien sûr les écologistes, l’extrême gauche mais aussi les centristes humanistes, mais aussi la droite gaulliste… Pourquoi la droite gaulliste ? Parce que comme le disait le Général de GAULLE, la politique, c’est se tenir droit et regarder en avant et aujourd’hui je crois qu’une certaine droite a perdu cette tradition gaulliste et moi je veux rassembler tous ceux qui veulent réussir le changement à gauche mais dans le rassemblement des valeurs républicaines.

Laurent DELAHOUSSE


C’est le mot de la fin. Ségolène ROYAL, merci. Candidate aux primaires et prête effectivement à ouvrir jusqu’aux gaullistes, c’est une information ce soir.

Sujet sur le tour de France

(…)

Laurent DELAHOUSSE


Alors Ségolène ROYAL, je ne vous demande pas un pronostic sur le tour de France mais sur les primaires… vous serez en tête selon vous ?

Ségolene ROYAL

Ah ! Ce sont les électeurs qui vont en décider, je vous l’ai dit tout à l’heure, le meilleur résultat, c’est celui qui sort des urnes et je vais juste vous faire une confidence : j’ai confiance  quand je vois ce qui se passe sur le terrain, quand je rencontre les Français, quand je les vois dans les salles, dans les rues, sur les marchés, dans les quartiers, j’ai plutôt confiance dans le résultat.

(…)

Laurent DELAHOUSSE

Posté par Jocegaly RBochew à 17:21 - SÉGOLÈNE ROYAL - Commentaires [0] - Rétroliens [0]